doingword.com

Archive for janvier, 2008

La rage de l’hommage

Jeudi, janvier 31st, 2008

Dans son gros quatre quatre,

Il n’en avait rien à battre,

Ou peut être pas,

Il ne s’en souvient même pas,

Il avait trop bu dans ce bouge,

Trop pour voir le feu rouge.

Quand l’appel est tombé,

Le temps s’est arrêté,

L’un des nôtres était à terre,

Sa moto, un amas de fer.

On est arrivé les premiers,

Dans ses poumons, on a soufflé.

Le SAMU a pris le relais,

Tandis que nos larmes coulaient.

On pleurait en silence,

Pour pas qu’il ne pense,

Qu’il n’y avait plus d’espoir,

Sur ce trottoir trop noir.

Le médecin s’est retourné,

Il nous a regardés,

Tellement désolé,

D’avoir échoué.

Sur la chaussée,

Sous une bâche tirée,

Gisait le corps désarticulé,

D’un policier.

Dans son gros quatre quatre,

Il n’en avait rien à battre,

Ou peut être pas,

Il ne s’en souvient même pas,

Il avait trop bu dans ce bouge,

Trop pour voir le feu rouge.

Deux jours plus tard,

Au son de la fanfare,

Résonne la Marseillaise,

Et règne le malaise.

Devant le cercueil,

En plein recueil,

Il y a une maman,

Avec ses deux enfants.

Sur son visage,

Pas de rage,

Malgré l’outrage,

Juste le courage de lui rendre un dernier hommage.

Devant elle,

Deux anges sans ailes,

Et le cercueil d’apparat,

Où repose leur papa.

Dans son gros quatre quatre,

Il n’en avait rien à battre,

Ou peut être pas,

Il ne s’en souvient même pas,

Il avait trop bu dans ce bouge,

Trop pour voir le feu rouge.

Posted in Non classé | No Comments »

Je fais la bise à des loulous

Mardi, janvier 29th, 2008

Quand on était petit,

On ne savait pas où nous menait la vie

Si on allait finir képi ou bien bandit,

Quoiqu’il en soit, je n’ai jamais renié un ami.

J’ai grandi en HLM,

Je n’en éprouve aucune haine,

Comme mes parents y vivent toujours,

J’y retourne souvent faire un tour,

Cela m’aide juste à ne pas oublier,

Que je suis fils d’immigré.

Parmi mes copains, il y avait un Chérif,

Drôle de nom pour un rétif.

C’est comme ça, tu ne choisis pas,

Tu portes le nom de ton papa.

Quand on jouait dans la cours,

C’était toujours le même discours,

Il ne voulait qu’être voleur,

Parfois, on n’était pas franchement d’accord,

On voulait lui dire : tu devrais être gendarme, tu t’appelles bien Chérif !

Mais on craignait tous de prendre un bourre pif.

On était ami,

On était petit,

Puis chacun a eu sa vie,

Lui, a mal fini.

Souvent on s’est revu,

Lui n’y était plus,

Mais jamais je ne l’ai renié,

L’amitié, c’est sacrée.

Il s’appelait Chérif et tandis que je devenais Marshall,

Il crevait dans un hôpital.

Il ne vaut mieux pas dire qu’on fait la bise à des bandits,

Juste parce qu’ils sont nos amis,

Sinon on passe pour un pourri,

Auprès de ceux qui se croient à l’abri.

A cela je voudrais rappeler en passant,

Qu’un jour, peut être, se sera leur enfant,

Qui rate un tournant,

Pour finir dans le mauvais camp.

Nul ne choisi de faire la bise aux bandits,

Sauf par alibi,

Ou à cause de la vie,

Dans un monde pourri.

Posted in Non classé | No Comments »

Et si un jour…

Jeudi, janvier 24th, 2008

Et si un jour,

Je décidais de faire demi-tour,

De laisser la veuve et l’orphelin,

Livrés à leur destin.

Et si ce jour,

Parce que j’ai fait demi-tour,

Je n’étais pas là pour stopper,

La course effrénée,

De ce chauffard inconscient,

Qui percute un enfant.

Et si ce jour,

Soit disant par amour,

Sous ses poings fermer,

Il devait la tuer,

Et si ce jour,

Cet appel au secours,

Dernier souffle de vie,

Se perdait dans la nuit,

Parce que je n’étais pas là,

Parce que j’étais trop las,

Pour tenir un rôle,

Peut être trop large pour mes épaules.

Si je me sentais vieux,

Ou même dangereux,

Et si j’avais peur,

De ne pas rentrer à l’heure,

De ne plus rentrer du tout,

De finir dans un trou.

Comme ces héros en terre,

Qui peuplent les cimetières.

Je sais que ce jour,

Il me faudra beaucoup d’amour,

Pour ne plus penser,

A ce qui pourrait arriver,

Si je devais renoncer,

À vouloir les sauver.

Je sais qu’un jour,

Je devrai faire demi-tour.

En attendant, je n’y pense pas,

Même si je sais que ce jour viendra.

Posted in Non classé | No Comments »

Priorité

Lundi, janvier 21st, 2008

S’il y a un mot attendu,

Par les flics2rue,

Un mot redouté

Par tous les policiers,

C’est bien : PRIORITE

Car quand il est lâché,

Tout peut arriver.

La priorité te libère les ondes

Tu es seul au monde,

Pour annoncer après qui tu cours,

Ou demander du secours.

Lors des appels de détresse,

Nous vivons tous en direct le stress,

De celui que l’on agresse,

Et qui hurle pour que son cauchemar cesse.

A l’annonce d’une priorité,

Les donnés sont changées,

Le temps s’arête,

Le cœur s’arête,

Puis le verdict tombe,

Et l’on doit intervenir en trombe.

Je me rappelle d’une priorité,

Que mon chef de bord a demandé,

Alors que nous étions percutés,

Tandis que notre voiture faisait des embardées.

Nous étions à plus de deux cent kilomètres heures,

C’est peut être pour cela que je n’ai pas eu le temps d’avoir peur.

Nous étions sur une rocade isolée,

Où personne ne pouvait nous aider.

J’ai dû tirer,

Nos poursuivants nous on lâchés,

Mais on ne les a jamais interpellés,

Dans leur berline allemande sur gonflée.

Durant le temps interminable de cette action,

On nous écoutait dans toute l’agglomération,

Quand on s’est arrêté,

Tout le monde est venu nous toucher,

Comme si nous étions des miraculés.

Le regard hébété,

Ils semblaient tous épuisés.

Il est souvent plus difficile d’écouter,

Que de vivre une priorité.

Posted in Non classé | No Comments »

Aujourd’hui, c’était des parpaings. Et demain ?

Jeudi, janvier 17th, 2008

Nous n’étions pas là d’initiative,

Nous n’étions pas sur le qui vive.

On nous avait appelés,

Pour éviter de faire dégénérer,

Une histoire d’adultère,

En fait divers.

Nous étions simplement garés,

Dans la cité,

Pas par provocation,

Sur réquisition.

Le différent était calmé,

Nous étions là à discuter,

À moins d’un mètre d’un jardin d’enfant,

Plein de joyeux garnements.

Quand le bruit a retentit,

On a tout de suite compris,

Nous n’étions pas sur le qui vive,

Ils étaient tapis dans les coursives.

Un parpaing lancé du sixième étage,

Peut faire bien des ravages,

On a juste eu de la chance,

De ne pas finir dans l’ambulance.

Il y a plusieurs formes de lâcheté,

Celle-là me fait gerber,

Il faut dire que pour les violences urbaines,

Ma coupe est pleine.

J’ai connu les boules de pétanque,

Qui vous mettent sur le carreau,

Ou qui vous flanquent,

Froid dans le dos.

J’ai connu les morceaux entiers de trottoir,

Qui transperce votre habitacle,

Tandis qu’ils sont au spectacle,

Tapis dans le noir.

J’ai connu les plaques d’égouts,

Les volées de clous,

Les orages de pierres,

Qui s’abattent dans un bruit de tonnerre.

Même des oignons,

Bande de cons !

Ce que je ne connais pas, c’est la raison,

De telles aberrations.

Je ne comprends pas,

L’enjeu de ce combat.

Pourquoi vouloir tuer,

Ceux qui sont appelés,

Pour aider,

Les gens de votre cité.

Comment peut-on à ce point,

Manqué de raison ?

Comme j’aimerais de mon poing,

Ecraser tous ces cons !

Chaque jour dans les cités,

Des flics se font caillasser.

Mais pour en entendre parler,

Il faut que l’un d’eux soit terrassé.

Hier j’ai réclamé,

Le casque que l’on ne m’a pas donné,

On m’a dit qu’il n’y en avait plus,

Je suis tombé des nues,

Nu comme ma tête,

Nu comme ma tête…

Posted in Non classé | No Comments »

Philosophie circulatoire

Lundi, janvier 14th, 2008

Je n’aime pas le code de la route

Verbaliser me les broute,

Mais j’ai opté pour un métier,

Ou l’on apprend à la fermer.

J’ai choisi comme philosophie,

Ce que l’on m’a appris.

Faire cesser l’infraction

Avant de penser répression.

Bien sûr, il y a toujours des cons,

Et pour eux, le compte est bon.

Souvent mes amis me demandent,

Que faire pour éviter l’amande ?

Il faut se taire,

C’est la meilleure chose à faire.

Certains prennent leur pied à verbaliser,

Avec eux, il faut éviter de la ramener.

Le flic a toujours raison,

Surtout quand il est très con.

Bien sûr, il y a des infractions,

Ou il n’y a pas de compromission.

Mettre en danger sciemment la vie d’autrui,

Doit être puni.

Je ne parle plus là de code Pénal,

Mais de code moral,

Sous l’excuse d’être bourré,

On n’a pas le droit de tuer.

Il y a aussi les infractions qui m’agacent,

Comme celle de prendre la place,

D’un stationnement pour handicapé,

Juste pour s’éviter de trop marcher.

Celui que vous pénaliser,

Lui, rêve de trop marcher.

Voilà comment je motive une activité,

Que j’avoue détester.

Je sais qu’en restant dans les quotas,

On ne me les brisera pas.

Je ne serai jamais zélé,

Dans l’art de verbaliser.

Posted in Non classé | 2 Comments »

Tout commentaire insultant, inapproprié ou diffamatoire sera automatiquement retiré. N'oubliez pas qu'ici aussi, je fais la loi

Fichier de Recherche


taper un nom puis 'enter'