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Archive for mai, 2008

Ange gardien de la Paix

Mercredi, mai 14th, 2008

Je ne sais toujours pas ce qui me pousse encore, après 17ans. D’où me vient cette motivation, toujours intacte quand le moment vient.  Aujourd’hui encore, il y a en moi cette alarme qui résonne dans mes tempes où afflue le sang de mon cœur vaillant, cœur sans peur  quand l’injustice agresse avec violence le monde dont je garde la Paix.
Comment exprimer cette vocation aux airs de mission involontaire, ce toc de justice qui s’empare de moi à chaque fois, ce tic inconscient de loyauté envers un métier qui pourtant m’a tant égratigné, ce tic tac qui régule l’horloge de mon dévouement à aider les gens.
Moi qui me dis sans cœur, je ne suis qu’une bonne sœur qui s’attaque au malheur avec pour seule arme, le pouvoir de faire cesser les larmes. A chacun sa tenue pour livrer sans retenue le combat auquel on est destiné.
Pourtant je ne peux me résigné à être cet ange déchu d’avoir trop vécu sans l’avoir vraiment voulu, d’avoir trop pleuré sans jamais l’avoir montré, d’avoir trop jouer avec le feu sans risquer de brûler les idéaux qui hantent encore son cerveau. Je ne suis pas un ange, je ne suis que le gardien d’une Paix que je ne trouverai peut-être jamais.
J’espère avoir un jour le repos, pas celui du héros, celui du badaud d’une vie qu’il n’avait pas choisi et dont le crédo rime souvent avec fardeau.
Pourquoi j’aime mon métier ? Je n’en sais rien. Peut être parce qu’il fait de moi quelqu’un de bien, un gardien du bien qui n’a jamais la Paix dans un monde qui souvent lui fait mal, parfois même peur mais pas au point de faire passer ce hoquet de justice attrapé à l’insu de son plein gré.

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Mes blessures

Samedi, mai 3rd, 2008

On ne sort pas indemne d’un tel métier. Etre flic laisse des traces, des blessures plus ou moins guéries, plus ou moins graves. Chaque policier a ses propres blessures, qu’elles soient à l’âme, au cœur, à la fierté, à l’honneur ou plus simplement physiques. Souvent on compare nos cicatrices comme d’autres exhibent leur savoir car à chaque blessures, on apprend, on souffre aussi.

J’ai eu mon lot de blessures, les cicatrices qui ornent mon corps brisé en sont les témoins. Tous les deux ans sur le billard, voilà un rythme que je ne pourrais plus tenir mais qui a été le mien. Parfois je boite, parfois je grimace jamais je n’oublie. La police a marqué ma chair et je le ressens. Je suis une alouette que l’on a blessé, à la tête, à la tête, au genou, aux genoux et au coude et aux coudes. La liste est longue, mes douleurs persistantes et mon pourcentage d’invalidité envolé. Après 5 années à toucher une pension, après 5 années à cumuler des sur-blessures, l’administration a décidé de me retirer mon dû douloureusement gagné. Pourquoi ? Parce qu’elle a égaré une partie de mes dossiers. Les cicatrices sont là, mais plus les dossiers ! L’art de la reconnaissance par l’oubli.

De toutes les blessures, les plus douloureuses, sont toujours celles faites par l’administration et je sais de quoi je parle même si je ne suis pas encore prêt pour l’écrire, trop en colère, trop douloureux, trop récent, trop laid…

A chacun son masochisme, le mien se pratique en uniforme.

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