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Archive for juin, 2008

Folle nu…it d’été

Lundi, juin 23rd, 2008


Il est plutôt rare que le curé de la commune fasse appel à nos services et pourtant, la première mission de la nuit émane bien de monsieur le curé qui nous informe très décontracté qu’un individu court nu dans son église, chose que l’on pourrait presque comprendre au vu de la canicule contrastant avec la fraîcheur divine de la maison de Dieu.

Sur place, nous constatons effectivement que notre enfant de corps, loin de ressembler à un chérubin, exhibe allègrement ses parties génitales que nous lui demandons de couvrir une fois l’énergumène rattrapé puis maitrisé. La scène est cocasse, le curé observateur, la Police souriante et le naturiste prolixe. Si ses poignets sont bien menottés, sa langue ne l’est pas et nous avons droit au spectacle amusant puis affligeant de l’homme ayant perdu la raison. Nous lui devons tout de même cette superbe réplique déclamée avec emphase au curé :

« Sachez Monsieur, que j’ai tellement prié dans ma vie que vous ne m’arrivez même pas à la cheville ».

Magistral !

Sur ce bon mot, conduisons notre bougre à l’Hôpital pour un examen dont nous connaissons l’issue. Je vais voir le psychiatre qui me tutoie tellement nous nous sommes déjà croisé (Je suis un de ses bons fournisseurs en cas atypiques) et lui explique dans un grand sourire les exploits de notre gagnant du jour. L’homme de sciences me regarde les yeux rieurs en lâchant un « à croire que c’est la journée » qui fait mouche. Je sais qu’il va me raconter une de ces croustillantes anecdotes et je suis tout ouïe.

Plus tôt dans la soirée, des collègues lui ont délivré un autre cas fort intéressant. L’individu, après avoir éperonné puis poussé sur une centaine de mètres la fourgonnette d’une prostituée, est descendu à la hâte pour se masturber puis éjaculer sur la porte latérale coulissante de la péripatéticienne.

Ma vue se trouble et je pleure de rire en silence pour ne pas perturber la longue attente des patients dans le hall des urgences tandis que mon psy goguenard glousse intérieurement.

C’est aussi pour cela que je fais ce métier.

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Faire ses preuves

Lundi, juin 16th, 2008

Cela fait maintenant 17 ans que je fais mes preuves car à chaque fois que je change de ville ou de service, on me demande de faire mes preuves. Le plus logique serait de prendre mon dossier, de connaître mes aptitudes, mes habilitations, mes faits d’armes, mes méfaits pour pouvoir se faire une idée, respecter le chemin parcouru et le prix payé pour le parcourir. Et bien non !

Chef, il faut faire vos preuves !

Seulement voilà, le Chef en a ras le bol de faire ses preuves, ras la casquette des remises en questions permanentes, des insinuations déplacées au vu de son cursus de rue. Marre de toujours devoir prouver ce qui n’est plus à prouver, marre de ces risettes entendues qui vous demande de faire « reset » plutôt que de lire votre dossier pour vous donner la place que vous méritez.

Comment peut-on avoir fait ses preuves en services spécialisés, dans les endroits les plus chauds, et se retrouver garde chiourme aux GAV, en train de lever une barrière ou de faire des ports de plis. A quoi on servit toutes ses années à donner satisfaction, à jouer à l’équilibriste sur le fil de la loi pour que règne la justice, à sacrifier son corps en des blessures douloureuses, à risquer sa vie parfois, pourquoi ?

A quoi bon, puisque de toute façon, il faudra à nouveau faire ses preuves, encore et encore, jusqu’au jour où le flic en moi sera mort.

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Parce qu’intrépide rime avec stupide

Mardi, juin 10th, 2008

Que puis-je y faire ? Là où il me faudrait courber l’échine, je sors les canines. Quand on me sort le bâton, je me mets à jouer au con, à faire l’idiot, borné comme un bourricot. Un âne bâté qu’il ne faut pas menacer si l’on ne veut pas prendre une ruade en guise de parade.

Or, dans l’administration, quand on prend une sanction, il faut acquiescer sans contestation. Si l’on veut faire carrière, il faut sacrifier son derrière. Mais là, je ne peux pas !

Une fois de plus je vais charger mes moulins, sûr de perdre la tête haute, risquant une sur sanction, bravant ceux devant qui l’on s’incline habituellement. Je vais encore subir morale, menace puis mépris. Mépris du roi et de son fou pour le pion que je suis. Pion sans lequel, il n’y a plus d’échec. Drôle de stratégie quand l’on veut gagner la partie car un roi seul ou avec son fou ne peut que finir mat ou muté quand il est policier.

Je vais donc perdre demain mais pas sans me battre, pas sans leur faire comprendre que malgré tout mon respect, jamais je ne m’inclinerai devant l’injustice, jamais.

Sale caractère sans lequel je n’aurais certainement pas eu la carrière que je suis fier d’avoir menée et que je mènerai encore par motivation, non pour un patron qui parfois, rime avec poltron.

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