Aujourd’hui, c’était des parpaings. Et demain ?
janvier 17th, 2008
Nous n’étions pas là d’initiative,
Nous n’étions pas sur le qui vive.
On nous avait appelés,
Pour éviter de faire dégénérer,
Une histoire d’adultère,
En fait divers.
Nous étions simplement garés,
Dans la cité,
Pas par provocation,
Sur réquisition.
Le différent était calmé,
Nous étions là à discuter,
À moins d’un mètre d’un jardin d’enfant,
Plein de joyeux garnements.
Quand le bruit a retentit,
On a tout de suite compris,
Nous n’étions pas sur le qui vive,
Ils étaient tapis dans les coursives.
Un parpaing lancé du sixième étage,
Peut faire bien des ravages,
On a juste eu de la chance,
De ne pas finir dans l’ambulance.
Il y a plusieurs formes de lâcheté,
Celle-là me fait gerber,
Il faut dire que pour les violences urbaines,
Ma coupe est pleine.
J’ai connu les boules de pétanque,
Qui vous mettent sur le carreau,
Ou qui vous flanquent,
Froid dans le dos.
J’ai connu les morceaux entiers de trottoir,
Qui transperce votre habitacle,
Tandis qu’ils sont au spectacle,
Tapis dans le noir.
J’ai connu les plaques d’égouts,
Les volées de clous,
Les orages de pierres,
Qui s’abattent dans un bruit de tonnerre.
Même des oignons,
Bande de cons !
Ce que je ne connais pas, c’est la raison,
De telles aberrations.
Je ne comprends pas,
L’enjeu de ce combat.
Pourquoi vouloir tuer,
Ceux qui sont appelés,
Pour aider,
Les gens de votre cité.
Comment peut-on à ce point,
Manqué de raison ?
Comme j’aimerais de mon poing,
Ecraser tous ces cons !
Chaque jour dans les cités,
Des flics se font caillasser.
Mais pour en entendre parler,
Il faut que l’un d’eux soit terrassé.
Hier j’ai réclamé,
Le casque que l’on ne m’a pas donné,
On m’a dit qu’il n’y en avait plus,
Je suis tombé des nues,
Nu comme ma tête,
Nu comme ma tête…
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