Dans les yeux d’un autre
mars 10th, 2008
C’est dans les yeux d’un autre que j’ai vu ce que mon cœur ressent quand on bat un enfant.
J’ai ouvert la porte sur son sourire las, artifice désuet pour masquer la tristesse de son regard.
On s’est assis comme le font deux amis puis son sourire s’est effacé, chassé par les images puis par les mots d’un récit qui depuis trois jours le hante. Ses yeux sont lourds d’un reproche qui n’est pas le sien mais dont il a décidé d’endosser la peine, peine qu’il ne peut cacher bien qu’il retienne ses larmes.
Tout avait pourtant bien commencé en cette matinée ensoleillée. Ballade en roller dans un parc, moment de détente au grand air.
Puis il a eu ce premier coup, qu’il l’a pris au dépourvu bien qu’il ne l’ait pas reçu. Stopper dans son élan par cette gifle d’un père tellement grand.
Suivi de ce coup de ce pied violent, comme on frappe dans un ballon, alors qu’il ne s’agit que d’une poupée de chiffon. Ses tripes se sont alors nouées quand il l’a regardé, elle qui n’a que huit ans, elle qui est belle comme ses propres enfants, elle qui se relève fièrement pour lui lâcher froidement : « tu n’es qu’un pauvre imbécile !» alors qu’on lui aurait accordé toutes les grossièretés.
Son regard se fait dur pour affronter l’image qui va terrasser la petite effrontée. Je me tais car il y a plus à entendre qu’à dire bien que je partage sa colère.
Les mots surgissent à nouveau, ils sont posés, la voix est calme pourtant on sent toute la violence du dernier coup qui s’abat sur ce petit cou qui doit être si doux. L’enfant s’écroule une nouvelle fois au sol, s’écroulant en larmes qui marquent la victoire de son bourreau. Lui est proche du KO, tiraillé entre ire et vomir, il aimerait le punir, il doit agir mais surtout s’assagir pour éviter le pire. Il s’approche sans animosité pour lui parler, d’homme à homme, de père a père mais l’autre baisse les yeux tandis que la mère, lui demande de se mêler de ses affaires. Il y a des bestialités qu’on ne veut pas partager.
La voiture s’éloigne et il reste là.
Le cauchemar est terminé pourtant, il ne peut oublier, il ne peut accepter.
Je ne sais que dire, j’espère juste que comme moi, la petite oubliera. Car je sais qu’on oublie les coups avec le temps, je le sais et pourtant…
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4 Comments
Add your own1. Ardalia | mars 10th, 2008 at 13:09
Sans avoir été touchée, témoin impuissant, j’ai souvent vu ces coups paternels. On oublie les coups, peut-être, mais la violence ne cesse jamais son oeuvre. Sur tous.
2. fdm | mars 11th, 2008 at 6:44
Ardalia > La violence n’a jamais rien de bon
3. anouschka | mars 12th, 2008 at 14:26
Les bleus s’estompent, reste l’empreinte invisible de ce ou de celui qui touche. Je ne pense pas qu’on oublie, on transforme et parfois, le temps fait bien les choses…
4. fdm | mars 12th, 2008 at 18:17
Anouschka > on pardonne
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