Je fais la bise à des loulous
janvier 29th, 2008
Quand on était petit,
On ne savait pas où nous menait la vie
Si on allait finir képi ou bien bandit,
Quoiqu’il en soit, je n’ai jamais renié un ami.
J’ai grandi en HLM,
Je n’en éprouve aucune haine,
Comme mes parents y vivent toujours,
J’y retourne souvent faire un tour,
Cela m’aide juste à ne pas oublier,
Que je suis fils d’immigré.
Parmi mes copains, il y avait un Chérif,
Drôle de nom pour un rétif.
C’est comme ça, tu ne choisis pas,
Tu portes le nom de ton papa.
Quand on jouait dans la cours,
C’était toujours le même discours,
Il ne voulait qu’être voleur,
Parfois, on n’était pas franchement d’accord,
On voulait lui dire : tu devrais être gendarme, tu t’appelles bien Chérif !
Mais on craignait tous de prendre un bourre pif.
On était ami,
On était petit,
Puis chacun a eu sa vie,
Lui, a mal fini.
Souvent on s’est revu,
Lui n’y était plus,
Mais jamais je ne l’ai renié,
L’amitié, c’est sacrée.
Il s’appelait Chérif et tandis que je devenais Marshall,
Il crevait dans un hôpital.
Il ne vaut mieux pas dire qu’on fait la bise à des bandits,
Juste parce qu’ils sont nos amis,
Sinon on passe pour un pourri,
Auprès de ceux qui se croient à l’abri.
A cela je voudrais rappeler en passant,
Qu’un jour, peut être, se sera leur enfant,
Qui rate un tournant,
Pour finir dans le mauvais camp.
Nul ne choisi de faire la bise aux bandits,
Sauf par alibi,
Ou à cause de la vie,
Dans un monde pourri.
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