La rage de l’hommage
janvier 31st, 2008
Dans son gros quatre quatre,
Il n’en avait rien à battre,
Ou peut être pas,
Il ne s’en souvient même pas,
Il avait trop bu dans ce bouge,
Trop pour voir le feu rouge.
Quand l’appel est tombé,
Le temps s’est arrêté,
L’un des nôtres était à terre,
Sa moto, un amas de fer.
On est arrivé les premiers,
Dans ses poumons, on a soufflé.
Le SAMU a pris le relais,
Tandis que nos larmes coulaient.
On pleurait en silence,
Pour pas qu’il ne pense,
Qu’il n’y avait plus d’espoir,
Sur ce trottoir trop noir.
Le médecin s’est retourné,
Il nous a regardés,
Tellement désolé,
D’avoir échoué.
Sur la chaussée,
Sous une bâche tirée,
Gisait le corps désarticulé,
D’un policier.
Dans son gros quatre quatre,
Il n’en avait rien à battre,
Ou peut être pas,
Il ne s’en souvient même pas,
Il avait trop bu dans ce bouge,
Trop pour voir le feu rouge.
Deux jours plus tard,
Au son de la fanfare,
Résonne la Marseillaise,
Et règne le malaise.
Devant le cercueil,
En plein recueil,
Il y a une maman,
Avec ses deux enfants.
Sur son visage,
Pas de rage,
Malgré l’outrage,
Juste le courage de lui rendre un dernier hommage.
Devant elle,
Deux anges sans ailes,
Et le cercueil d’apparat,
Où repose leur papa.
Dans son gros quatre quatre,
Il n’en avait rien à battre,
Ou peut être pas,
Il ne s’en souvient même pas,
Il avait trop bu dans ce bouge,
Trop pour voir le feu rouge.
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