Les marcheurs
février 19th, 2009
Soma No Prescription Acomplia For Sale Soma Generic Buy Toprol XL Online Zelnorm Without Prescription Zelnorm No Prescription Coumadin For Sale Cialis Soft Tabs Generic Buy Zelnorm Online VPXL Without PrescriptionLa patrouille de nuit est souvent, très souvent faite d’apparitions éphémères, d’ombres furtives, d’intuitions visuelles qui font germer dans le cerveau paranoïaque du policier des délits par milliers.
Souvent il ne s’agit que d’une poubelle, rangée entre deux voitures, d’une ombre portée que l’on voit escalader un mur et bien d’autres mirages qui peuplent le petit monde de la patrouille de nuit. Il y a aussi ces deux taches blanches qui courent sur l’autoroute…
T’as vu les deux mecs courir sur le pont de l’autoroute ?
Nan !
Si, je t’assure, il y avait deux mecs en T-shirt blanc qui couraient sur l’autoroute !
Ouais, c’est ça et la marmotte…
A ce stade là vous n’écoutez plus les sarcasmes (souvent justifiés) de vos collègues, vous foncez vers l’entrée d’autoroute la plus proche en priant le Dieu de la Police Secours pour que vos joggeurs soient bien réels.
Jubilation quand vous stoppez sur la bande d’arrêt d’urgence à hauteur de deux jeunes hommes aux T-shirt Blancs, trempés de sueurs.
Salut les gars, Vous foutez quoi là ?
On rentre chez nous monsieur ;
Par l’autoroute ?
C’est le chemin le plus court !
Peut-être mais c’est dangereux et interdit !
Ouais, mais on ne connait pas d’autres chemins
Ah Bon ! Et vous allez où ?
A Chambéry…
Silence de rigueur, rapide calcul, confirmation mentale : Chambéry est à environ 90 kms, sourires naissants, maîtrise puis reprise du dialogue
A Chambéry ?
Oui, monsieur.
Vous pensez arriver quand à Chambéry (l’horloge digitale du tableau de bord indique 23h40) ?
Vers 6 heures du mat à peu près.
Vous savez à combien de kilomètres vous êtes de Chambé ?
Environ 90 ?
Bien ! Vous savez quelle est la vitesse moyenne d’un marcheur ?
Environ 5 km/h ?
Bravo ! Donc vous allez arriver à quelle heure ?
Silence, réflexion, concentration, plissement des yeux, résolution du problème mathématique, satisfaction due à la résolution du problème mathématique, puis stupeur suivi d’un fort coup au moral et aux jambes.
Vers 18 heures ?
C’est ça. Allez, montez dans la voiture !
Dès cet instant, j’ai affublé nos deux marcheurs des sobriquets affectifs de « Plic et Ploc ». Si vous saviez le nombre incroyable d’aventures extraordinaires de Plic et Ploc j’ai eu l’occasion de partager au cours de ma carrière…
Plic et Ploc, sur la banquette arrière nous racontent donc essoufflés et penauds, le nouvel opus de leurs fabuleuses pérégrinations.
Plic, majeur du jour et bientôt de la veille, a décidé pour son anniversaire de découvrir la grande ville (en l’occurrence Lyon) en compagnie de son cousin Ploc, tous justes 16 ans. Le voyage en train fut joyeux, la journée belle, la montre trompeuse quand ils s’aperçurent ballots, qu’ils venaient de louper le dernier train. Alors, d’un commun accord « pliquetploquien », les cousins égarés ont décidé courageusement de rentrer par le chemin le plus court, l’autoroute A43.
Techniquement, nous ne pouvons rien faire pour Plic, qui est majeur. Il en est tout autre de « Ploc le mineur » dont nous avons maintenant la responsabilité.
Tes parents ont le téléphone ?
Ils sont divorcés
Ok, tu vis chez qui ?
Chez mon père.
Il a le téléphone ?
De toute façon y pourra pas venir me chercher !
Et ta mère elle pourrait ?
Non plus…
Bon, qui pourrait venir vous chercher ?
(Réponse collégiale) Personne.
Bien, donne-moi le numéro de ton père !
Je m’isole pour passer le coup de fil qui marquera la fin de l’épisode « Plic et Ploc fêtent un anniversaire dans la grande ville ».
Allo, monsieur Ploc ?
Oui
Bonjour, c’est le commissariat, je suis avec votre fils…
Qu’est-ce qu’il a fait comme connerie celui-là ?
Rien, rien monsieur, rassurez-vous, il a juste raté son train et il faudrait venir le chercher avec son cousin Plic.
J’peux pas !
Et sa mère, elle pourrait ?
Sa mère, elle en a rien à foutre !
Vous n’avez pas de la famille qui pourrait ?
Non !
Des amis ?
Non !
Bon monsieur ! Vous êtes le père, représentant légal de surcroit, vous devez trouver une solution. Appelez un taxi !
J’ai pas d’argent…
Oui, mais bon, on en fait quoi des gones ?
Ch’ai pas, y s’ont fait quoi de mal d’abord.
Rien, ils rentraient juste à pied par l’autoroute.
Et alors ?
Et alors, c’est interdit et DANGEREUX !
Bon ben vous avez qu’à les mettre sur la Nationale !
KO technique à la dixième réplique, j’abandonne le combat, je suis atterré.
Ploc sera placé en foyer pour la nuit, Plic dormira sur un banc près de la gare…
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6 Comments
Add your own1. tuttle | février 20th, 2009 at 11:54
Police et secours mais pas taxi! Le service public se dégrade!;)
2. Thomas | février 21st, 2009 at 17:20
Excellentes anecdotes, toi aussi tu dois te régaler quand tu rédiges des mains courantes sur des interventions farfelues.
3. La Guarda | février 24th, 2009 at 11:57
Dis moi je suis nul en math. De l’autoroute A43 à l’ A75?
4. salvatore | juillet 8th, 2009 at 3:57
plus on avancera plus le monde évoluera c’est ce qu’on ma toujours dit effectivement je vois sa c’est un super exemple du je “menfoutisme” des parent enfin bon merci pour l’anecdote
5. dom | juillet 29th, 2009 at 8:49
Trés bien écrit, bravo : on est tenu en haleine par vos anecdotes: Au départ de cette lecture je pensais que vous étiez un écrivain, un spécialiste du Polard ; j’ai tapé sous brigadier se nomme brigadier sur Google et je suis tombé sur votre blog et cette “histoire
de sous brigadier”. Interréssé par cette histoire étonnante qui me paraissait sortie de l’imagination d’un écrivain, j’ai voulu en savoir plus et j’ai srcollé: j’ai alors vu les trés belles photos NB , Ensuite j’ai cliqué sur les posts. l’histoire des deux ados sur la route, le dialogue avec eux sur l’autoroute, le dialogue avec le pére: c’est vraiment bien senti. Ou en êtes vous avec votre éditeur?
Dominique
6. françoise demai | décembre 22nd, 2009 at 15:40
Comme Dom du 29 juillet, j’aime et relirai “Les marcheurs”.
J’apprécie la justesse de l’introduction “La patrouille de nuit est souvent, très souvent faite d’apparitions éphémères, d’ombres furtives, d’intuitions visuelles qui font germer dans le cerveau paranoïaque du policier des délits par milliers”. Mon père qui a été résistant pendant l’Occupation, m’a raconté la même chose. Pendant les veilles de nuits, il voyait des ombres menaçantes partout.
L’histoire de ces 2 jeunes marcheurs qui se frottent à la dure réalité de la vie, je l’ai vécue aussi et je pense que c’est une expérience commune à tous les êtres humains. Ça m’est arrivé d’avoir à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en pleine nuit lorsque ma voiture a été volée une nuit où je suis allée seule au cinéma du village voisin. Dans les départements déserts, de nombreux kilomètres séparent chaque patelin ; pas de bus, taxi, train ; le futur ex époux me détestait déjà.
La nuit, 20 km et rien que mes jambes ; je n’ai croisé ni patrouille ni mauvaise graine.
Je crois que vous touchez dans vos nouvelles la vie réelle et vos observations remuent le lecteur.
Je ne vois pas, à travers vos écrits et votre site, que vous êtes flic ; Frédéric de Mai représente pour moi toute une bande qui s’amuse à diffuser son inspiration créatrice. J’évite les points chauds de votre blog labyrinthe, je veux garder la tête froide.
Amitiés.
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