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Outrage

décembre 7th, 2008

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La plupart des outrages glissent sur votre tenue mais il y a ceux qui vous pénètrent, vous blessent et vous humilient. Ceux là sont relevés et leurs auteurs interpellés car c’est un délit d’outrager. Les autres sont vite oubliés, ou pas…

Je suis au poste quand j’entends sur les ondes mon équipage annoncer qu’il vient d’interpeller un individu pour outrage. Un outrage simple sans la rébellion qui souvent l’accompagne. Seuls quelques mots acerbes lancés à la volée puis couchés sur un procès verbal pour terminer devant un tribunal.

Après une bonne heure, nouveau message. L’outrage s’est transformé en Ivresse Publique et Manifeste, la garde à vue en dégrisement, à mon grand étonnement car l’outrage annoncé rarement est pardonné.

L’équipage rentre avec son alcoolique outrageant, qui n’a d’ailleurs plus rien d’outrageant mais demeure grisé, puis noir quand se referme la lourde porte des geôles lui bouclant le caquet.

Par curiosité, j’interroge mes collègues sur l’outrage non relevé et au vu de ce que j’apprends, je comprends, puis je ris en pensant à la plaidoirie qui aurait pu décrire le délit.

Tapi jusque là dans l’ombre de sa longue robe noire, il ne fallu qu’un mot du président pour que l’avocat déploie ses manches et sa verve telle une pie prenant son envol :

J’en conviens monsieur le juge, l’outrage sur le papier peut paraître dérisoire mais revivons ensemble, si vous me le permettez, ce moment d’humiliation vécu par mes clients. D’un geste théâtral, il dévoile les plaignants penauds qui jusque là, se cachaient de sa manche. Imaginez cette nuit glacée qui rend la patrouille interminable, ces deux fonctionnaires qui bravent la nuit et le froid pour nous porter courageusement secours quand cet individu apparait, nouveau jeu de manches, ce bougre éméché qui chante à tue tête son refrain entêtant avec suffisamment de voix pour que ces trois lettres répétées pénètrent dans l’habitacle des outragés sans qu’aucune vitre ne soit baissée.

Et le baveux de mimer la danse effrénée de l’aviné, ponctuées de ce mot réitéré pour mieux blesser :

COT COT COT COT…

La pie se fait poulet tandis que se murmure un sourire amusé dans l’assemblée.

Voyez-vous à quel point ceci est dégradant ! C’est pourquoi, je demande à votre honneur la plus grande fermeté afin de clouer le bec à cet outrageux parodier, qui a publiquement humilié ces fonctionnaires en les blessant au plus profond de leur chair…

…de poule

J’en caquète encore.

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2 Comments

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  • 1. Eric D  |  janvier 3rd, 2009 at 19:36

    J’imagine trop bien les “victimes” de l’outrage discuter de retour au poste:
    - Dis, on va vraiment écrire ça dans un PV ?
    - Ben c’est un outrage non ?
    - Ouais mais bon “cette personne visiblement éméchée a fait COT COT COT” en agitant les bras, ça fait pas très sérieux.
    - T’as raison, dégrisons-le et puis on se foutra de sa gueule pour nous venger.

  • 2. fdm  |  janvier 5th, 2009 at 3:33

    c’est à peu près cela, si ce n’est que les collègues avaient finis leur service avant la fin du dégrisement.


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