Un jour mon prince viendra
septembre 23rd, 2008
Il est de ces nuits ou rien ne se passe jusqu’au moment où un morceau de lune déboule sur l’asphalte sombre. Ce météorite blanc nacré n’est autre qu’une Lamborghini Murcielago suivie de très près par deux véhicules d’un noir menaçant. Cela flaire le car jacking, j’accélère pour me porter au secours de l’astre véloce quand je reconnais la silhouette des monstres sombres qui la talonnent. Il s’agit de deux Bentley, puis d’une Aston Martin, puis d’une Audi R8 et encore d’autres berlines Mercédès et BMW qui se suivent dans un cortège étourdissant pour s’arrêter dans une rue de notre agglomération non habituée à de telles merveilles automobiles.
Intrigué, je me porte à hauteur de la voiture de tête, une longue Mercedes gris clair d’où sort un homme au veston impeccable et à l’accent léger. Ce dernier se dirige vers nous, apparemment soulagé de cette rencontre impromptue. Il nous explique qu’un Prince d’Arabie Saoudite, qui se trouve au volant de l’étoile filante, a envie de manger un hamburger. Or, ils ont appris qu’un driving était ouvert toute la nuit mais ne le trouvent pas.
Je lui réponds sans vraiment réfléchir : « suivez nous ! » et me retrouve voiture de tête d’une file roulante de plusieurs milliers d’euros en direction du restaurant d’un clown bariolé aux cheveux rouges. Sur place, notre arrivée ne passe pas inaperçue et déjà des véhicules de collègues se rapprochent pour admirer le spectacle.
Très vite, nous réalisons que certains des bolides à notre suite ne pourront pas emprunter le parcours du driving non prévu pour accueillir des mastodontes mécaniques. Je demande alors au responsable du fastfood d’ouvrir à titre exceptionnel ses portes. Ce dernier accepte à condition de notre présence constante. J’averti mon centre de commandement de cette mission peu coutumière et j’obtiens l’autorisation de rester en surveillance des lieux.
Le prince mange, nous discutons avec ses gardes du corps français, les collègues prennent quelques photos avec leurs portables. Puis, le Prince sort, vient vers moi et m’invite à tester l’assise de la Lamborghini. Je me fais prier par principe puis me glisse dans le corps du monstre mécanique au décor spartiate. Le siège est dur, le compteur étourdissant et je pose le temps d’une photo souvenir.
Je m’extirpe difficilement du bolide (il ne fait pas bon vieillir) et remercie le prince d’un sourire partagé. Je laisse ma place aux collègues impatients de la prendre.
Pendant ce temps, l’assistante du Prince me rejoint et nous entamons une conversation en franglais. Elle me demande si je peux poser des congés pour accompagner le prince durant les 15 jours de son escapade parisienne. L’appât du gain est alléchant mais je décline, de toute façon je rentre de congés, on ne m’accordera pas 15 jours de plus et mes filles me manqueraient trop.
Le prince semble déçu, il veut à tout prix nous remercier pécuniairement, ce que nous déclinons poliment mais fermement. Devant tant de refus auxquels il ne doit pas être habitué, il tente une dernière tentative en nous offrant un plein sac de Hamburger que nous acceptons pour ne pas l’offenser.
Nous reprenons la tête du cortège direction le Hilton que nous atteignons sans encombre. Un dernier signe de la main puis nous retournons à notre quotidien le sourire aux lèvres et l’odeur du mac do oppressante, surtout à 3 heures du mat’.
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2 Comments
Add your own1. Ardalia | septembre 23rd, 2008 at 19:18
Qu’est-ce que tu fous chez les flics? Tu aurais dû être boy scout!
2. PrincesseOnLine | septembre 23rd, 2008 at 23:18
Et avec ma Clio
pour chercher le Mc Do
aurai-je eu droit aux mêmes Zorros ?
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